cHANsons

 

La magie divine de la musique (toutes les musiques) a toujours opéré sur moi. M'absorbant, me réconciliant avec tout ce qui me centre et déclenchant, avec un pouvoir puissant et troublant, ma créativité. Le jazz, mélange de liberté, de volupté et d'ardeur dont l'état d'esprit permet qu'il s'invite dans toutes formes de musiques, me désarme particulièrement. Il y a quelque chose de si profond qui se passe quand je l'entends. Quelque chose d'intense, de souterrain, d'une proximité de l'ordre de "l'indicible". Ce sont les chanteuses qui ont étés le plus puissant déclencheur de mon intérêt pour la musique. En jazz Billie Holiday, Ella Fitzgerald et Jeanne  Lee, pour ne citer qu'elles. Mais bien d'autres voix qui m'ont aussi nourrie des voix classiques, expérimentales, celles des chansonniers, des rockeuses, des griottes etc.

Car la voix, quel qu'en soit le style, sera toujours ce qui m'influence, me bouleverse et m'enthousiasme le plus.

 

Voici quelques unes de mes histoires de vie, de rêveries, de peurs et d'espoirs racontés en chansons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les /

cailloux

 

Je le sais il y a longtemps déjà, le printemps chérissait ses lilas

le parfum des soucis s’enivrait de ma mélancolie.

Je le sais tu as eu le bon mot, le beau geste qui m’a tenu chaud,

quand du bout de tes doigts d’un fil de soie tu m’habillas.

Viens mon rire pars mon chagrin, car un ami s’en vient,

qu‘elle soit perdue ou qu’on l’ait gardée,

la vie n'est rien sans l’amitié.

 

Je le sais bien que c’était hier, cet été à l’ardente lumière

tous les arbres en fleurs cajolaient humblement mon bonheur.

Je le sais ton œil était fidèle, partisan qui tient quand tout chancelle,

car du bout de tes doigts un appui de roi tu me confias.

Viens confiance redevient ma loi, car un ami est là,

qu‘elle soit perdue ou qu’on l’ait gardée

la vie n'est rien sans l’amitié.

 

Je le sais car ce n’est pas si loin, que l’automne fraîchissait mes matins

les branches sous mes pas se courbaient en chuchotant tout bas.

Tu le sais qu’il va bientôt partir, te laissant une mèche de souvenir,

du bout de ses dix doigts un rouet de blessures et de joie.

Viens l’espoir ne me laisse pas, car mon ami s’en va,

qu‘elle soit perdue ou qu’on l’ait gardée

la vie n'est rien sans l’amitié.

 

Je le sais ce sera pour toujours, qu’à l’oubli mon corps sera sourd

tant que résonnera l’onde de tes pas si près de moi.

L’hiver n’aura pas raison de nous, sur la route tu sèmeras des cailloux,

pour mon cœur fatigué quand il me faudra te retrouver.

Viens la sève au creux de mes bras l’amitié y fleurira

qu‘elle soit perdue ou qu’on l’ait gardée

la vie se meurt sans l’amitié.

 

Je m’y suis perdue mais elle m’a gardée,

ma vie n’est rien sans, l’amitié

 

 

Paroles : Patricia NAGERA

Musique : Patricia NAGERA

Arrangement : Zool FLEISCHER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emérites /

docteurs

 

J’avais toujours pansé mes plaies et mes blessures,

mes sombres maladies, petites égratignures,

chez ceux dont le savoir corrigeait mes erreurs,

thérapeutes savants les ……………………Emérites docteurs

 

 

J’avais toujours soigné avec béatitude,

mes perverses pensées, et honteuses habitudes,

chez ceux dont le savoir garantissait mon heure,

Imam, prêtre ou rabbin les ……………………Emérites docteurs

 

 

J’avais toujours confié mon goût de la droiture,

sens de l’équité, refus de la censure,

à ceux dont le savoir mettait l’homme à l’honneur,

nos grands hommes de loi les ……………………Emérites docteurs

 

 

Dieu comme j’ai donné mon âme immature,

ma voix, ma destinée, ma divine nature,

à ceux dont le savoir élèverait mon cœur,

gourous si bienveillants les ……………………Emérites docteurs

 

 

Pourquoi ai-je livré à la littérature,

ma supériorité de primate, qui murmure,

à ceux dont le savoir s’immole dans la rancœur,

doctrinaires suffisants les ……………………Emérites docteurs

 

 

Pourtant, j’ai constaté qu’aucune latitude

nous rend libres et bien nés, loin de la servitude,

de ceux dont le savoir nous garde dans la peur,

despotes intelligents les ……………………Emérites docteurs

 

 

Paroles : Patricia NAGERA

Musique : Patricia NAGERA

Arrangement : Zool FLEISCHER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’homme /

du train

 

L’homme du train va bon train sans entrain,

son train de vie l’est en train d’y penser,

l’homme du train trinque avec la pendule,

homme du train, le temps n’est jamais saoul.

 

L’homme du train au train où vont ses années,

part matin moins en train trop usé,

l’homme du train compte avec la pendule,

homme du train, le temps les os dissout.

 

L’homme du train a l’œil triste de Caïn,

puritain, cheveux fins, ordonné,

l’homme du train regarde la pendule,

homme du train, le temps les yeux bafoue.

 

frileux sont ses amours et modestes ses drames il n’est pas si facile d’aimer,

l’homme du train pleure dans le crépuscule,

homme du train, le temps des pleurs se joue.

 

l’homme du train est un homme très austère,

l’homme du train s’il y a guerre il ira, pense-t-il qu’il reviendra ?

 

L’homme du train est un homme sans mystère,

l’homme du train pense qu’il a le choix, patient pour son au-delà,

patient pour son au-delà,

mais au-delà de quoi ?

 

L’homme du train va bon train sans entrain,

son train de vie l’est en train d’y penser,

l’homme du train trinque avec la pendule,

homme du train, le temps n’est jamais saoul

 

l’homme du train,

qui sait demain,

l’homme du train,

pourrait bien,

l’homme du train,

lire au fond de ses mains,

l’homme du train,

un tout autre destin,

l’homme du train,

pour savourer enfin,

ce goût divin,

d’être un humain.                                                   

 

Paroles : Patricia NAGERA

Musique : Patricia NAGERA

Arrangement :  Zool FLEISCHER

 

 

 

Au creux /

de ce lit

 

Il a neigé sur mes erreurs, l’aube,

toute endimanchée, calme mes pleurs,

alors je range mes serments plie mes tourments,

et je suis l’oiseau de papier que tu viendras déplier,

Au creux de ce lit,

où le cœur battant, moi, je t’attends.

 

 

Trouble est le temps il est cinq heures, dehors

les jeux d’enfants, me font si peur

alors je me mets à danser ensorcelée,

par le beau rayon d’or blanc, que l’amour s’en va tissant,

au creux de ce lit,

où le corps vibrant, moi, je t’attends.

 

 

Le jour décroît tu n’es pas là, si nu

paraît mon antre, âpre est ma voix,

alors je bannis de mes yeux tes faux aveux,

ces feux qui brûlent ma demeure, où je ne peux plus, à cette heure,

au creux de mon lit,

qu'aimer l’indécent, cœur,

qui, t’attend

 

 

 

                                                    Paroles : Patricia NAGERA

                                                                                                                                                Musique : Zool FLEISCHER

Arrangement : Zool FLEISCHER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau /

de famille

 

Du rouge au bord du verre consommons à l’apéro,

nos détresses nos envies, tous nos mensonges de bistrot,

nos rires solitaires qui maquillent les rancoeurs,

et doucement flétrissent, le bonheur,

pas d’Amour que de tracas rebelles à toute discorde,

frères et sœurs, maman papa, ont des larmes dans leur désordre,

de gens seuls…

 

Des bleus et puis des blancs dans nos paroles au dîner,

mangeons sans que s’effacent, tous ces sentiments blessés ,

le proverbe a menti car toujours les choses demeurent,

là bas ici autre temps, même mœurs,

pas d’Amour que de tracas rebelles à toute discorde,

frères et sœurs, maman papa, ont des larmes dans leur désordre,

de gens seuls…

 

C’est la fin de semaine on s’habille pour une ballade,

car c’est doux de quitter l’enfer, le temps d’une escapade,

grimés, ivres et joyeux on donne à ce faux paradis,

notre mince capital et notre ennui,

pas d’Amour que de tracas rebelles à toute discorde,

frères et sœurs, maman papa, ont des larmes dans leur désordre,

de gens seuls.

 

Mais le goût de la vie met des étoiles dans nos larmes,

et berce nos regrets, nos illusions ont tant de charme,

et cherchons dans la lune s‘il existe un conte de fée,

pour des gens lassés, et délaissés,

pas d’Amour que de tracas, rebelles,

frères et sœurs, maman, papa,

il y a des armes dans vos désordres,

de gens seuls.

 

 

 

                                              Paroles : Patricia NAGERA

Musique : Zool FLEISCHER

Arrangement : Zool FLEISCHER

 

 

 

 

 

 

Le jour /

de baptême

 

Le jour du baptême grand bien qu’il soit ainsi,

arrive fréquemment lorsque l’on est petit,

le sermon nous ennuie et le ton nous distrait,

nous chérubins ni bons, ni tout à fait mauvais,

présumés innocents !

 

On se cache pour voir la guêpe sur la branche,

la branche peine mais ne prend pas sa revanche,

et comme on se sent bien et que l’on n’a pas peur,

On s’amuse à l’aveugle, loin des yeux près du cœur,

présumés innocents !

 

 

Dans la cour de l’école toutes nos guérillas,

sont des clans éphémères qui volent en éclats,

lorsque le rire s’empare de tous nos corps d’enfants,

mais qu’arrive t-il quand, nous ne faisons plus semblant,

présumés innocents !

 

Un jour l’enfance décline il faut cesser de jouer,

ranger les panoplies de prince et de poupée,

on apprend à se taire qui ne dit mot consent,

sentir est un mystère pour les gens bien pensants

présumés innocents !

 

 

Les poux mangeront nos têtes comme la prospérité,

guindés dans les souliers laissés par nos aînés,

chers enfants résistez au fardeau de l’histoire,

il est fils prodigue, même aux pères avares,

présumés innocents !

 

 

Mais hier dans la rue le bonheur m’a comblée,

j’y ai croisé un homme qui semblait si pressé,

pourtant quand il a vu mon sourire malin,

il m’a tiré la langue tout comme un gamin,   

coupable et libéré

 

 

Paroles : Patricia NAGERA

Musique : Patricia NAGERA

Arrangement : Zool FLEISCHER

 

 

 

Akandia

 

La poussière sur le chemin fait des nuages aux oiseaux,

l’Afrique est bleue des cendres tombées des cieux indigo,

des passants solitaires philosophent, sans savoir,

Akandia souviens toi d’un soir.

 

Un soir où s’en sont allées toutes tes rêveries,

n’osant te regarder frémissait ton mari,

sur la table gisait, la dot de ta prison,

en guise de déclaration.

 

Et pourtant Akandia, malgré ces maléfices ton cœur ne loge pas au toit de l’avarice.

 

Une éternité de guerres et des milliers de trépas,

c’est en ombre passagère que tu fis tous les combats,

soldate de misère, qui jamais n’a paraphé,

vos victoires échecs ou traité.

 

Et depuis même la nuit n’effraie plus tes enfants,

amers et fidèles compagnons de tes tourments,

qui passent en riant, devant tes seins lourds et nus,

as-tu vingt ans cent ans ou plus.

 

Et pourtant Akandia, malgré ces maléfices ton cœur ne loge pas au toit de l’avarice

 

La poussière sur le chemin se repose après la pluie,

tes espoirs sont si loin il ne reste que la vie,

couverte d’un sourire je te revois danser,

souffrir, et n’en point parler.

 

Alors n’oubliez pas amis frères et fils,

pour la félicité point besoin d’artifices,

et ne retenez pas vos ardeurs et vos vices,

et donnez vos caresses sans aucune malice,

car vous savez qu’il faut, pour que l’on soit complices,

consumer notre orgueil et quelques sacrifices,

laissons l’amour, emporter, nos si fragiles destinées

 

 

Paroles : Patricia NAGERA

Musique : Patricia NAGERA

Arrangement : Zool FLEISCHER

Patricia

Nagera